Carson Virus 4.0 brushless : L'antidote à la morosité !
Par Philippe Boeri.

Savez-vous vous quel est le point commun qui existe entre les anciennes productions de la marque Carson et le nouveau Virus 4.0 brushless ? Et bien il n'y en a pas, justement ! Le fabricant ayant en effet totalement remanié ses produits au point de les rendre méconnaissables.
Présentation
Et oui, un bon lifting de temps en temps, c'est une pratique qui peut s'avérer salutaire pour rafraîchir une gamme vieillissante. Et c'est ce qui a manifestement été appliqué ici à la lettre pour redonner un petit coup de fouet à cette marque Germanique dont les productions ne sont pas pour autant dénuées d'intérêt. Il y a quelques semaines, nous vous présentions le Specter X8EB 6S. Voici donc un énième TT électrique à l'échelle 1/8ème, catégorie qui au passage, n'en finit plus de faire des émules depuis sa création. Mais revenons au Virus 4.0. Celui-ci est présenté sous la forme d'un kit RTR pré assemblé, ce que traduit d'emblée sa carrosserie pré peinte. Il ne vous restera plus qu'à mettre en place l'aileron, 4 piles ou accus dans l'émetteur (non fournis) et 2 accus Li-Po 2S chargés (non fournis) pour faire rouler l'auto. La plateforme s'accompagne sinon d'une radio à volant trois voies Reflex Wheel Pro en 2,4 Ghz. Un émetteur doté de potentiomètres de réglage à l'ancienne. Elle comporte une notice en Anglais et en Allemand, puis un DVD commercial de la marque.

Après le Specter X8EB 6S, Carson nous propose de faire connaissance avec le Virus 4.0. Un nouveau TT présenté sous le mode RTR.

Cette auto arbore un look très plaisant et dispose d'une multitude de réglages très appréciables, même pour rouler en loisir.

Le Virus 4.0 est un TT 4 x 4 à l'échelle 1/8ème propulsé par un moteur électrique brushless qui bénéficie d'un empattement très long fixé à 345 mm !

La voiture est fournie sans accus et sans chargeur. Elle fait preuve d'un comportement routier hyper stable et se montre moins brutale que le Specter X8EB 6S que nous avons testé il y a quelques semaines.

Deux accus Li-Po 2S seront à prévoir en supplément.

L'émetteur du kit est un Reflex Wheel Pro signé Carson.

Les potentiomètres permettent de régler le neutre de la direction et de l'accélérateur, ainsi que le dual rate de la direction.
Train avant
Celui du Virus 4.0 est à double triangulation. Il fait appel à des triangles inférieurs bien rigides grâce à l'apport de nombreux croisillons, puis à des bras triangulés que l'on retrouve sur la partie supérieure de la cellule. Ces derniers arborent un profil courbé à la manière des triangles du Mugen MBX7. Le tout étant rattaché à des porte fusées sur rotules pivotantes, toujours façon Mugen, qui confèrent une rapidité inégalable pour mettre au point l'auto, puisque l'on peut ainsi régler en un clin d'oeil le carrossage et la largeur de voie avec ce système. L'épure sera également assistée d'un save servo réglable en dureté muni d'une barre d'Ackerman à trois positions, puis de pas inversés au niveau des biellettes de direction pour régler le pincement. En revanche, la cellule ne dispose pas de barre antiroulis pour équilibrer le châssis.

Le train avant fonctionne sans barre antiroulis.

Le comportement de l'auto pourra encore gagner en incisivité en couchant les amortisseurs au maximum depuis le support de suspension.

Les biellettes de direction reçoivent des pas inversés pour faciliter la mise au point.

Les bras supérieurs du train avant adoptent un profil courbé, façon Mugen.

La barre d'Ackerman du save servo met à votre disposition 3 réglages.

La châsse pourra varier sur une petite amplitude grâce à la petite cale que l'on peut déplacer de part et d'autre des bras supérieurs.

Le comportement du Virus 4.0 doit une bonne partie de son homogénéité à son train avant sur rotules.

Les rotules de direction sont bien dimensionnées. Elles permettent de retoucher en un temps record carrossage et largeur de voie.

En plus d'être intégralement montée sur roulements, la voiture dispose d'hexagones de roues en aluminium anodisé.

Les fixations des triangles tireront profit de cette cale en aluminium placée derrière le pare chocs.

On peut jouer sur la dureté du save servo. Dommage que le ressort n'ait pas été placé en haut du tube pour faciliter son accès.
Train arrière
La cellule fait cette fois appel à des tirants fixes pour finaliser les liaisons au sol. Ces derniers sont montés avec des biellettes à pas inversés et ils permettront d'activer pas moins de 5 prises de carrossage à l'enfoncement en faisant appel aux ancrages disponibles au niveau du support amortisseurs, et 4 prises supplémentaires en se servant des supports qui sont mis à leur disposition du côté des porte fusées. Le train arrière du Virus 4.0 a en revanche conservés des axes à circlips pour retenir ses triangles sur la partie basse. C'est moins bien. Il fait également l'impasse sur la barre stabilisatrice, comme à l'avant. A l'extrême arrière de la cellule, une cale plastique numérotée fixe quant à elle l'angle de pincement à environ 2 degrés. A signaler aussi sur cette cellule, la présence d'un aileron multi réglable que l'on pourra ajuster sur 8 positions.

Le train arrière est bien équipé, mais il a préféré se passer de barre antiroulis. C'est dommage !

La suspension arrière confère des débattements dans la norme qui assurent un bon comportement de la voiture dans les parties bosselées.

Les porte fusées arrière permettent d'activer 4 prises de carrossage différentes.

Les bras triangulés arrière délivrent deux postions pour accueillir les amortisseurs.

La cale arrière de pincement est graduée avec le chiffre 3. Dans les faits, cette auto est plutôt réglée avec un angle qui oscille entre 2 et 2,5 degrés grâce à la cale avant qui corrige un peu l'angle. Les circlips sont en revanche présents sur les axes des triangles.

Les tirants arrière sont également munis de pas inversés.

L'empattement de 345 mm pourra perdre quelques millimètres en déplaçant cette petite cale logée devant les porte fusées.

Les triangles du Virus 4.0 inspirent confiance.

Le support arrière usiné comporte 5 prises de carrossage.

Des cardans droits à boules goupillées officient à l'arrière.

L'aileron est réglable sur 8 positions.
Transmission
Si la transmission centrale et la transmission arrière reçoivent toutes deux des cardans droits, sachez qu'à l'avant, nous avons à faire à des cardans CVD articulés en acier. Dans les cellules et entre les paliers centraux, nous retrouverons trois différentiels à quatre satellites. Le Virus 4.0 se voulant très fiable, son concepteur l'a également équipé de couples coniques en acier traité en 13/43 et d'une couronne centrale issue d'un matériau analogue. La partie freinage se passant de disques mécaniques, comme sur tout bon TT brushless qui se respecte. Terminons enfin non sans vous avoir dit que toute l'auto est intégralement montée sur roulements, et que ses hexagones de roues sont en aluminium anodisé. Les pneumatiques de boîte font dans l'anonymat le plus complet. Il y a fort à parier que vous ne les retrouverez jamais sur des voitures de compétition. Cela dit, ils assurent pas mal côté adhérence comme nous aurons l'occasion de le voir un peu plus loin dans l'essai.

Des cardans CVD de bonne facture accompagnent la transmission à l'avant.

Au centre, la couronne centrale acier est également de rigueur.

La transmission centrale bénéficie d'un troisième différentiel à pignons coniques.

Le pignon moteur acier est interchangeable. La fixation moteur fait dans le genre sérieux.

Les pneumatiques d'origine sont montés sur des jantes à voile plein.

Les petits picots des pneus de boîte font mieux que se défendre en utilisation intensive. Le grip étant au rendez-vous, même sur le glissant.
Suspension
L'auto reçoit à ce titre deux magnifiques supports ajourés par fraisages, de part et d'autre de ses deux cellules. Des modèles usinés en aluminium de 4 millimètres d'épaisseur qui fournissent trois d'ancrages à l'avant et un de plus à l'arrière pour modifier la position initiale des amortisseurs. Ces derniers se sont mis au diapason en rapport des productions actuelles les plus modernes du secteur. A savoir qu'ils reprennent un concept gros volume. Leurs corps lisses mesurent 16 mm de diamètre et reçoivent des ressorts bien adaptés de tendance medium. Le réglage de tension des ressorts s'effectuera ici par l'intermédiaire de cales de différentes épaisseurs. Leurs bouchons disposent d'un petit orifice chargé d'évacuer le trop plein d'huile lors du remplissage. En outre, ces amortisseurs comportent des fixations hexagonales sérieuses, en acier, sur la partie supérieure de leurs supports respectifs. Ils sont en revanche livrés sans les soufflets en caoutchouc ou en silicone qui sont habituellement en place à ce niveau. Toute la mécanique du Virus 4.0 reposant sur un châssis fraisé usiné et anodisé en aluminium. Une belle pièce qui compose avec une partie pliée sous la cellule avant, un centreur de cellule sur la partie arrière et qui possède 4 oreilles de façon à pouvoir ajuster la garde au sol de l'auto via les bras inférieurs. A noter que contrairement à ce qui se pratique sur une voiture de compétition, le châssis du Virus 4.0 a porté l'empattement du véhicule à 345 millimètres (contre 330 pour un véhicule réglementaire). Il devrait s'en suivre une tenue de route plus saine.

Le support amortisseurs avant est un modèle de 4 mm d'épaisseur conçu en aluminium anodisé. Il s'agit d'un support usiné.

Le support de suspension arrière délivre 4 ancrages pour régler la suspension.

A l'arrière, 5 positions sont également d'actualité pour fixer les tirants réglables et la prise de carrossage correspondante.

Les amortisseurs du Virus 4.0 sont usinés en aluminium à partir de corps de 16 mm de diamètre.

Le réglage de tension des ressorts s'effectuera à partir de cales à emboîter en force de différentes épaisseurs.

Les fixations supérieures des amortisseurs reprennent des hexagones en acier hype fiables.

Le châssis de l'auto est usiné à partir d'une plaque en aluminium de 3 mm d'épaisseur. Il est plié sous la cellule avant.

4 oreilles sont en place de façon à pouvoir ajuster la garde au sol de l'auto. Remarquez aussi la façon dont la cale de la cellule arrière pénètre dans le châssis pour parfaire le centrage de la cellule.
Moteur et radio
Le moteur installé sur le châssis du Virus 4.0 est un moteur bruhsless de 1980 Kv qui est prévu pour fonctionner avec deux accus Li-Po 2S de 7,4 volts. Soit 14,8 volts en tout pour propulser l'auto. Ce dernier bénéficie d'un petit radiateur de refroidissement en aluminium placé sur le pourtour de sa cage, et il demeure solidement arrimé à un palier en aluminium anodisé. Il est accouplé à un contrôleur " Dragster " étanche de 80 Ampères. Un modèle programmable dont les différents paramétrages pourront vous donner accès à la marche arrière ou à des réglages de timing du moteur plus ou moins pointus, pour agir sur les performances. Sur la platine radio, le servo de direction se laissera découvrir en position verticale. Il s'agit d'un modèle de 9 kilos de couple dont les pignons sont en métal. Un boîtier en plastique injecté figure à ses côtés. Il s'agit du compartiment qui abrite le récepteur en 2,4 Ghz. Les accus étant pour leur part placés à l'arrière du véhicule comme nous l'avons déjà vu un peu plus haut.

Le moteur brushless installé à bord délivre 1980 Kv une fois sous tension.

Un radiateur en aluminium vient compléter l'équipement qui a trait au moteur.

Une platine spécifique abrite le contrôleur brushless présent à bord.

Le contrôleur " Dragster " est un modèle étanche de 80 Ampères. Il propose quelques réglages bienvenus dont l'un permettant de disposer de la marche arrière.

Des condensateurs sont présents aux côtés du contrôleur, de même qu'un ventilateur de refroidissement.

Carson a équipé le Virus 4.0 d'un servo de 9 kilos de couple.

Le servo de direction est également doté de pignons métalliques.

Le boîtier qui abrite le récepteur se trouve juste à côté du servo de direction.

Pour loger les deux accus Li-Po 2S nécessaires à la propulsion du Virus 4.0, Carson a placé deux compartiments séparés munis de scratches en velcro.

Les accus viennent parfaire la répartition des masses en équilibrant comme il se doit le châssis.
Test
Le Virus que je suis en passe d'inoculer sciemment de mon plein gré se situe à des années-lumière des productions loisir bon marché que j'ai eu maintes et maintes fois l'occasion de tester il y a quelques années lorsque je travaillais pour le compte de la presse papier. Non pas que celles-ci ne fonctionnaient pas, bien au contraire, mais qu'elles manquaient sûrement d'un peu de caractère, en plus de ne pas posséder les fameux sigles vendeurs de la profession. Avec ses épures soigneusement étudiées et revisitées, c'est un fait, le Virus 4.0 fonctionne convenablement sur un circuit, et cette auto n'est pas vraiment différente à piloter de ses concurrentes du moment. Voilà en effet un châssis qui freine avec progressivité quand on sollicite la gâchette de sa radio. Mais encore, un châssis qui accélère dignement. Une auto un poil sous vireuse certes, dans sa définition de base, mais qui a au moins le mérite d'être hyper facile à prendre en mains.

Aussi, pas besoin d'être un " Loeb " de la gâchette pour pouvoir exploiter tout de suite tout le potentiel du châssis, même si ce dernier demandera quand même quelques derniers ajustements bien légitimes pour pouvoir gagner en efficacité. Et pour ceux qui voudraient savoir quelles différences il existe entre le Specter X8EB 6S de la même marque testé récemment et cette version, avouons clairement que le moteur apparaît moins puissant, que la voiture perd pas mal au niveau de sa vitesse de pointe et que ses accélérations sont devenues aussi nettement moins bestiales, plus progressives par rapport à celles du Specter, bien que le Virus soit plus léger de près de 300 gammes. Cette différence flagrante étant due essentiellement à la différence de voltage qui subsiste au niveau de l'alimentation entre ces deux châssis. Le Specter X8EB 6S étant, rappelons-le, alimenté en 22,2 volts (contre 14,8 dans le cas présent). Au niveau du comportement routier en revanche, la voiture est nettement plus facile. Il n'y a pas photo ! Pour gagner en efficacité, je conseille du reste à cet effet de décaler la position des amortisseurs à l'avant, en les fixant sur le point le plus couché de leur support (la voiture est réglée sur le point médian d'origine), si vous souhaitez profiter pleinement du potentiel offert par les liaisons au sol. Joueur et progressif dans ses réactions, le Virus 4.0 vous donnera alors la sensation d'être dans la peau d'un top pilote sans vous faire transpirer. Avec ce châssis, Carson réussit donc son examen de passage sans ostentation. Du point de vue des critiques que l'on pourra formuler, on pourrait sans doute reprocher à cet ensemble d'avoir fait l'impasse sur les accus de propulsion et leur chargeur. Mais ces reproches sont à double tranchant et appellent à la réflexion. La question à se poser étant : préférons-nous avoir en mains une auto encore plus complète mais dont les performances risquent de pâtir d'accus bon marché (ce sont ceux qui équipent généralement les kits RTR de cette trempe). Ou bien préférons-nous que le tarif rende l'auto plus abordable, d'entrée de jeu, mais que le fabricant nous ait laissé le soin d'acquérir les accus et le chargeur de notre choix ? La seconde alternative choisie par Carson étant sans doute à bien y réfléchir la plus profitable en termes de rendement final. Même si le portefeuille doit y laisser quelques euros en plus au moment de solder l'addition !

Conclusion
Dans sa configuration standard, le Virus 4.0 possède une bonne motricité, une tenue de route supérieure à celle d'un vrai TT pur jus compétition, des pneus qui assurent sur toutes les surfaces dans leur comportement, et un look pas vraiment déplaisant. Il ne lui manque qu'un jeu de barres antiroulis pour progresser, et de bons accus pour filer plus vite. Pour la petite histoire, nous avons d'abord testé cette auto avec des accus Li-Po 3400 mA en 30C, puis avons terminé l'essai en compagnie de deux packs de 5000 mA en 40C. Et côté perfs, on peut vous dire qu'il n'y pas photo ! Alors un bon conseil, si vous voulez vraiment vous amuser, ne mégotez pas sur le choix des accus. Vous vous y retrouverez !
On a aimé
_ La prise en mains hyper facile
_ Les supports usinés
_ Les épures efficaces
_ Les perfs moteur
_ Le train avant sur rotules
On a moins apprécié
_ L'absence de barres antiroulis

Fiche technique
Marque : Carson
Modèle : Virus 4.0
Distributeur : T2M
Usage : Loisir
Propulsion : Electrique
Moteur : Carson 1980 Kv
Contrôleur : Carson Dragster 80 Ampères, étanche
Echelle : 1/8ème
Poids : 3,670 kg
Longueur : 515 mm
Largeur : 305 mm
Empattement : 345 mm
Châssis : Plaque en aluminium fraisée de 3 millimètres d’épaisseur.
Transmission : 4 x 4 par cardans
Différentiel : x 3 à pignons coniques
Présentation : RTR